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Texte Articles - Impressions littéraires et artistiques en provenance d'une terre inconnue : le Bugey

Une fin d'après-midi en Valromey

Publié le 22 Juin 2014 par Marie-Hélène Chiocca in Marie Morel - Eric Maria Couturier

Elle avait mal débuté cette fin d'après-midi ... Je passais la route et je vis une magnifique photo ( à prendre ) : une famille à plusieurs faisant les foins. Une photo d'autrefois aujourd'hui. J'ai fait demi-tour et deux belles jeunes filles, leur outil en main m'ont demandé : "On sera sur le journal ? ... oui, on veut bien, mais le père lui ne sera pas d'accord !". Je ne les connais pas ces jeunes filles. " Vous êtes les filles de qui ? - De X.". Leur père, oui, je le connais, il ne m'apprécie pas. Je n'en sais pas les raisons, il n'aime pas les photos, c'est sûr.

Le voici qui déboule à toute allure, sur son tracteur. Un tracteur qui fait les 24H du Mans, et qui le secoue. Le voilà quasi tombé de l'engin ! Droit sur moi : "Vous êtes sur un terrain privé ! Pas de photo !" Je pensais qu'il me tutoierais au moins, un gars du même village ! Il me prend par l'épaule. Ca c'est une chose de trop. " C'est bon, ce n'est pas la peine". Il me jette comme une malpropre, hors de son champ !

J'ai dû le traiter d'imbécile ! Un résidu de ma propre violence ! Je suis partie. Aucun n'avait bougé des quatre ou cinq qui étaient là.

....

Vercosin, je découvre la grange `Vercosin où va se dérouler un concert de Eric Maria Couturier, invité par Val'Muse. Eve Morel m'accueille. Eve, c'est la fille de Marie, la peintre. Un grand peintre, j'ose le dire. Justement, elle est là aussi Marie, mais je ne le sais pas. Je vais le dévouvrir quelques minutes plus tard. L'accueil de Eve soulage l'agression subie ... comme s'il existait des êtres aux antipodes ....

Marie va nous présenter la grande peinture qui sert de toile de fond au concertiste : Un champs de fleur.

L'histoire du Champs de Fleur dédié à Joséphine.

"Cette toile est ici en hommage à Joséphine Heuben. Joséphine, je la connaissais peu, Nous partagions le même cours de musique : elle, étudiait la viole de gambe ; moi, le violoncelle.

Un jour, elle m'a téléphoné, elle voulait venir me voir dans mon atelier. Je lui ai d'accord, elle est venue le lendemain. Elle m'a expliqué que son cancer avait réapparu, c'était très grave. Pendant tout le temps qui a suivi, plusieurs heures, elle s'est confiée à moi, me livrant toute sa vie, les bonnes choses et les mauvaises.

D'abord désemparée, j'ai écouté et puis, à la fin de la journée, je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour elle. Elle m'a dit : "J'aimerais peindre un champs de fleurs". Je lui ai d'accord, dès le lendemain, je lui ferai une place dans mon atelier. Dès qu'elle reviendrait de Genève où elle partait pour des soins, ce serait prêt, elle pourrait commencer. Joséphine n'est pas venue, trois jours après, elle était morte.

Alors, je me suis dit que ce tableau, je devais le réaliser. Je n'avais jamais peint de fleurs, j'ai trouvé cela intéressant et j'ai fait un tableau qui n'est pas celui que vous voyez. Car cela m'a plu et j'ai pensé que Joséphine m'avait transmis quelque chose, et j'ai fait un deuxième tableau, celui que vous voyez. Et j'en peint maintenant un autre ... avec des pissenlits. En bas, la signature est en hommage à Joséphine."

( fin de l'histoire racontée par Marie Morel )

Eric Maria Couturier - grand prix de violoncelle - interprète alors Jean- Sébastien Bach. Hasard ? Je suis juste en face de lui, la musique émane de son visage autant que de son instrument. Elle est là la musique sur ce visage exprimant tout ce qu'elle transmet au musicien. Il n'y a qu'à le regarder jouer pour en voir la profondeur apaisante et plus encore, une présence qui occulte toute autre chose à ce moment.

Alors, c'est plus fort que moi, il faut que je dessine ce visage pour voir la musique, être avec elle, avec ce visage qui la porte. C'est souvent ainsi avec la musique baroque, je l'ai remarqué.

Puis, Eric Maria Couturier explique qu'il va jouer une sonate de Zoltan Kodaly, un musicien que je ne connais pas . Et nous parle d'un monde sauvage et mystérieux, la Transylvanie, où l'on joue "sauvagement" mais depuis toujours de génération en génération de paysans - les mêmes que les nôtres ?? - l

Lui, Eric Maria, va jouer suavement, délicatement, fougueusement, magistralement. C'est ce dernier mot que je note pour mon article :"un jeu magistral".

"Bravo! " cela nous a échappé, nous savons qu'il nous a emportés.

Merci aux artistes, merci à tous ceux qui nous transportant guérissent un peu les âmes ...

Détail de la signature- le tableau est un grand format, le champs s'étale sur plus d'un mètre cinquante.

Détail de la signature- le tableau est un grand format, le champs s'étale sur plus d'un mètre cinquante.

le croquis ...

le croquis ...

le "vrai" Eric Maria

le "vrai" Eric Maria

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