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Texte Articles - Impressions littéraires et artistiques en provenance d'une terre inconnue : le Bugey

Au festival de musique sacrée de Fez

Publié le 22 Juillet 2014 par Marie-Hélène Chiocca in musique sacrée - Festival de fes - Thibaut Rocheron - Maljis Trio

En contact avec le monde

C'est bien ce festival, il est plein de beauté. Jamais je n'ai vu autant de nationalités et de continents rassemblés : Sud-Américains, Australiens, Chinois, Hongrois, Sud et Noirs- Africains, Iraniens, Russes, Français ... sagement installés à heures fixes pour une musique s'en prenant directement aux âmes. En vêtements clairs et légers, beaucoup plus que d'habitude, on se prend pour un hôte invité par hasard au pays des mille et une nuits.

Dans la journée, l'ancienne medina offre son spectacle qui reste pour moi le plus exotique jamais connu. Il me semble que Delacroix pourrait y revenir et y peindre ses toiles.

Bien-sûr, il y a aussi la pauvreté à côtoyer et l'incroyable génie mercantile des Marocains ... Difficile de se contenter de marcher là où on vous attend pour gagner sa vie. Question parfois de survie. L'échange n'est pas égal et le rapport toujours marchand a quelque chose de faux ...

Peu de Marocains viennent aux concerts, trop chers. On le voit, on le sait. S'y est ajoutée une nuit, une Impression de malaise lorsque la police a frayé la voie aux festivaliers dans la Médina ...

La Medina

C'est vrai que La Medina est une toile où l'on se perd. Les ruelles étroites s'entremêlent, existe-il même un plan ? On y goûte l'ombre, les bruits, les odeurs et les passages des hommes, de leurs ânes et de leurs chargements.

Et puis, une porte s'entrouvre, un escalier à monter aux marches très hautes, il faut baisser la tête. Nous sommes chez une femme qui nous offre le thé. Ce n'était pas prévu, le guide ne nous l'avait pas dit. Mais elle nous offre sa soupe de légume et ses petits gateaux. Nous avons "jeûné" avec notre guide aujourd'hui. Nous sourions tous, comme si nous nous connaissions. Elle chipe 10 dinars à notre vieux guide en souriant. Je lui donne un dessin, elle me donne un foulard. Nous partons en laissant quelques dinars. Et puis le guide augmentera sa facture ...

Le bleu, le blanc et l'or

Nous avons franchi des portes, compris qu'il existait des endroits fabuleux qu'on appelle des Riads, restaurés par des Marocains, des Américains ou des Européens qui ont aussi compris le commerce que l'on pouvait faire de cette beauté. Et, après une nuit dans un hôtel miteux, nous avons finalement dormi dans une chambre de palais aux mille et une nuits ..

Céramiques bleues et plâtres sculptés. On ne sait pas grand chose en France des plâtres sculptés. Ils m'ont émerveillée. Dentelle blanche qui couvre les murs d'une fine impression de transparence où les ombres et les lumières viennent se fixer délicatement.

Beauté pure où s'incrustent les bois sombres sculptés et les céramiques bleues. Ici règnent le bleu, le blanc et l'or.

Visage magnifique de l'Orient, tel qu'on voudrait toujours le voir.

Et Thibaut

Et puis, bien-sûr, comme le clou du séjour, Thibaut jouant à l'Institut français. Déjà" pro" et prodigue de son art. Avec le groupe Maljis Trio en tournée au Maroc. Une aventure qu'ils partagent.

Ils ont aussi joué dans les jardins et leur public, là, était marocain. "Le meilleur public" a dit Thibaut, "j'ai signé des auto-graphes dans la rue !".

La musique modifierait-elle les relations ?

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